Paris a repris son souffle. La mauvaise série s'est interrompue, et on est en droit de croire qu'une nouvelle, bien différente, a débuté. C'est avec autorité, application, et une solidité mentale intéressante, que le PSG a gagné à Sochaux (4-1). Les joueurs affirmaient avant le match qu'ils avaient pris conscience de l'urgence dans laquelle se trouvait le club, et ils l'ont montré sur le terrain.
C'est la principale qualité que l'on aura remarquée dans le onze parisien, hier soir. On a apprécié le sérieux et la conviction qui ont habités les hommes d'Antoine Kombouaré, ainsi que le souffle de la victoire qui les a accompagné. Ces éléments sont de bon augure pour la réception de Nice samedi prochain.
Mais si le PSG est parvenu à écraser Sochaux sur sa pelouse, c'est principalement en raison de la faiblesse des hommes de Francis Gillot, qui sont passés totalement à côté de leur match. La force de Paris fut de dominer un adversaire qui lui était inférieur, ce qui n'est pas toujours évident dans le football, et ce qu'il n'avait pas réussi à faire contre Montpellier (1-1), Nancy (1-1), Toulouse (0-1), et même face à Monaco (0-2) et Lyon (1-1).
Les bons choix de Kombouaré
Pour l'emporter à Bonal, Paris n'a pas eu besoin de se surpasser. Il est simplement parvenu à profiter des espaces offerts par le collectif sochalien, très inexpérimenté. La cohérence entre la supériorité parisienne et le tableau d'affichage s'explique notamment par plusieurs décisions salutaires prises par Kombouaré. La première fut de changer de système de jeu. Du 4-4-2 sans relief des derniers matchs, le onze parisien est passé à un 4-2-3-1 avec Sessegnon derrière Erding, et Luyindula à gauche. L'équipe était moins plate, plus imprévisible, et Sessegnon disposait d'une liberté dont il a profité allégrement. Très disponible, toujours dans le sens du jeu, le Béninois a incarné le leader technique que la capitale attend de lui.
Mais le très bon match de Sessegnon n'est pas dû uniquement à cette nouvelle disposition tactique. Il est aussi le fruit du deuxième excellent choix du coach parisien, consistant à laisser sur le banc Ngoyi, au profit de Chantôme. Celui-ci incarna à merveille le milieu relayeur dont une équipe de football a besoin. Il a lié la défense et l'attaque grâce à sa qualité de passe, directe et précise. De plus, il a souvent perturbé le bloc sochalien par ses appels sur les côtés, qui créent le surnombre et aspirent l'équipe adverse. On l'a régulièrement vu aux avants-postes, ce qui lui permit de marquer le deuxième but parisien. Le revers de cette attirance pour l'attaque fut une disponibilité pas systématique pour les défenseurs, mais il n'a jamais déserté inconsciemment l'entrejeu, offrant à Clément un complément de poids à la récupération. On se demande vraiment comment cette douzième journée peut correspondre à la première titularisation de Clément Chantôme. Et on craint que le retour de Makelele ne lui soit fatal.
Enfin, le retour d'Erding a fait du bien. Il n'avait pas encore joué tout seul à la pointe de l'attaque parisienne, et on l'a donc moins vu que lors de ses premières apparitions. Il a manqué un penalty, mais il n'aurait pas dû le tirer, puisque Richert le connaît très bien, et parce que la pression devait être immense, en raison de la situation du club et de l'attente que le Turc suscite. Aussi, on retiendra ses accélérations, ses appels dangereux, les occasions qu'il s'est créées, quelques belles inspirations, et son but. Il ne fut pas l'élément principal, mais la touche finale et néanmoins indispensable du renouveau parisien.